Le luxe fait-il toujours rêver ?

Petite chronique d’une amoureuse des beaux objets et du savoir-faire français. Je me retrouve aujourd’hui à vous écrire face à un constat : la montée vertigineuse des prix. J’ai vu l’évolution rapide et soudaine laissant sur le bas coté le rêve de certains de pouvoir acquérir un sac de grand créateur comme Chanel, Dior, Louis Vuitton et bien d’autres encore.

Comment je me positionne sur les prix ? Je les trouve pour commencer injustifiés dès lors que la qualité ne va pas dans le même sens. Les sacs comme la maison Chanel ont malheureusement même vu à la baisse la qualité de leur accastillage : les fermoirs se sont vu retirer leur dorure 24K, les coutures sont moins résistantes, la brillance du doré est à la limite de la quincaillerie … Amère constat pour l’amoureuse de cette maison que je suis : les sacs sur lesquelles je me projetais ne me font plus rêver, pire, je ne me vois plus économiser 10 500€ pour la simple et bonne raison que je m’achète une oeuvre d’art, un objet de collection plus rentable que l’immobilier pour me faire plaisir et non pas pour l’exposer à la vue de tous ni m’acheter un statut social : différente entre l’étalage et avoir conscience de son statut. Nous savons à quelle classe nous appartenons et n’avons pas besoin de le montrer à la Terre entière. Ce sont les détails qui font que l’on se reconnaît sans la classe sociale dite « bourgeoise ». Les détails d’un sac que personne ne verra, le détails d’un vêtement mais surtout le détails dans l’éducation, l’élocution et les manières dans le quotidien.

Le luxe n’est pas une question de moyens mais de goût. Vous pouvez avoir beaucoup d’argent et être très vulgaire mais également l’inverse : vous pouvez être très chic et élégant avec de petits moyens. Le logo est devenu synonyme d’argent et de réussite et non plus de prestige : c’est un thermomètre à statut social. Vous ne verrez jamais une personne dite « Old Money » s’habiller avec des logos de partout pendant que les nouveaux riches ont ce besoin perpétuel d’exposer des collections de sacs extravagants afin de prouver aux autres qu’ils ont réussi. Si tu tentes de prouver quelque chose aux autres, tu tentes avant tout de te prouver à toi même d’avoir réussi et tu tentes de te donner l’illusion d’appartenir à un rang qui n’est pas le tient. Syndrome de l’imposteur ? La culture ne s’achète pas à coup de Dior, c’est du temps investi sur soi. L’investissement le plus rentable : la connaissance.

Alors pourquoi une personne riche n’a pas le besoin ni l’envie de s’exposer ? Pour la simple et bonne raison que l’exposition obscène demeure vulgaire. Il n’y a rien d’élégant à se transformer en « homme sandwich » comme dirait une amie. La marque est ce que représente la signature d’un artiste sur son oeuvre. Le logo sur -exposé est un warning à « gros prix ». Donc, beaucoup d’argent et par conséquent envoie le signale de la capacité à mobiliser ce type de somme sur un « simple objet » du quotidien. Les stars de télé-réalité en sont un parfait exemple : la majorité d’entre elles viennent de milieux défavorisés et ont eu un besoin de se légitimer au moment de leur ascension sociale aux yeux de la classe Bourgeoise et riche en faisant un mimétisme sur leurs achats : la marque Hermès en a fait les frais et s’est retrouvée noyée de « unboxing » trash de mises en scène de collections effrayantes de plusieurs dizaines de Kelly ou de Birkin dans des coloris criards et cheap. L’achat à outrance casse l’image de marque car la masse est aux antipodes de la rareté. La rareté est un prestige qui créé donc un prix élevé en plus de l’art de sa fabrication. Quand on sait qu’il n’est possible de se procurer sur tirage au sort que 2 sacs à mains par an et par foyer, on se pose donc la question sur la légitimité des prix et si le privilège d’avoir un Birkin réside toujours.

Avec la crise, mais aussi les scandales autour du métier de l’influence, le sac à mains mais aussi tout objet de luxe surexposé sur les réseaux à fait monter la colère et la frustration du consommateur de contenu : il ne comprend pas comment lui en 35h/semaine il lutte pour s’acheter un porte-feuille de marque quand son modele dépense en 1 heure ce qu’il peut parfois gagner en 6 mois tout en montrant « qu’il ne fait rien et se balade » ? L’image de l’influence de l’inconscient collectif en 2023 est devenue sombre. Ils ne comprennent pas comment on peut gagner parfois plusieurs milliers d’euros à simplement pousser à la consommation des personnes au petit revenu mais également en gagnant de l’engagement en étalant des achat outrageux aux tickets de caisses dignes d’une liste de courses alimentaires.

L’entrepreneur, le créateur légitime se retrouve noyé dans ce flou artistique alors qu’il travaille plus dur pour ce faire un réel plaisir qui a ses yeux est un réel prestige comme il en achète la juste quantité pour conserver le nectar de sa rareté et donc … De la valeur de son prix.

Le logo peut être chic sur une tenue très sobre sur une femme : robe porte-feuille, couleurs unies et discrètes. Il peut aussi retrouver ses lettre de noblesse et devenir un accessoire de mode sur une tenue Color block aux lignes minimalistes.

En somme, retenez que l’élégance, le bon goût et le minimalisme pourront rentre luxueux même le sac le plus vintage qui ne vous aura pas couté plusieurs mois de salaire.

Ma Selection tendance :

Sac Polene Numéro 10 : 350€
Le 5 à 7 en cuir de chez Saint Laurent Paris / Prix : 1890€
Saddle Bag cuir grainé de chez Christian Dior / Prix : 3800€




Une réponse à « Le luxe fait-il toujours rêver ? »

  1. Hier quand on achetais quelque chose de cher c’était très souvent gage de qualité … aujourd’hui on peut payer une chemise 400€ et pourtant avoir une matière synthétique… ça me désole, je commence à avoir les moyens de me faire plaisir et pourtant quand je vois qu’un article de créateur qui coûte un certain prix est fabriqué au même endroit avec les mêmes matière que H&M … bah je n’achète pas. Tu as raison l’élégance n’as rien a voir avec le prix de notre sac !

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